rhoudusse

Ce fut une vraie surprise, presque inattendue : c’est bien le désir et la nécessité d’une rétrospective de son œuvre qui nous ont fait découvrir ce qu’il est convenu de nommer « fonds d’atelier ». Nous avons pu mesurer alors, malgré la proximité physique ininterrompue que nous avions connue, certes la variété de son œuvre, mais surtout la dimension exceptionnelle, le caractère si singulier et essentiel de sa démarche hors de tout sentier.
De son travail, nous connaissions bien entendu les contours, les rites et les gestes, les sujets habituels et les plus familiers, portraits, natures mortes(si peu) et paysages ; il n’en dédaignait d’ailleurs aucun et tous, c’est aujourd’hui évident, participaient à une même quête essentielle et universelle.
Mais le pan majeur de sa création mis en lumière maintenant, à travers le vocabulaire mythologique ou biblique, est bien ce déploiement extraordinaire de scènes violentes ou épanouies où sont peints les tourments éternels de l’homme, sa force, sa cruauté insatiable, ses faiblesses,  l’ineffable, rayonnante et éphémère beauté de la femme, où l’aurore pleine de promesse est confrontée à une brutale et terrifiante obscurité, où l’animal, taureau ou chevala une place privilégiée.
Nous avons aussi nous-même à faire un travail d’exploration et de recherche de sens de ces images proposées de combats et d’affrontement, de grâce et de séduction, d’apesanteur et de transparence. On ne peut qu’être saisi d’épouvante et de stupéfaction ou encore plongé dans un climat d’extrême sensualité par certaines scènes. La narration a la facture des grands classiques qui furent ses maîtres, associée à un travail incontestablement novateur totalement personnel.
On est en droit d’évoquer l’esprit d’un Gréco où les géniaux dessins rupestres de Lascaux. Cette quête d’authenticité ne connaissait ni espace ni temps.

Ce même temps, passé pour lui, l’a libéré peu à peu et profondément pour nous livrer à tous un tel héritage.
Que cette œuvre puisse être connue, reconnue et nous accompagner dans notre propre aventure humaine.

Hervé de Gabory

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