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L’exposition « Robert Houdusse », organisée par sa famille, réunit aujourd’hui à Bordeaux cent cinquante de ses œuvres dont une trentaine illustre les mythes antiques, une rareté chez un peintre contemporain ; si l’artiste utilise un code plutôt formel pour les portraits, les paysages et les natures mortes, il peint la mythologie avec un style plus audacieux, d’une liberté quelque fois étonnante.
 

Ses études classiques et sa préparation pour le Prix de Rome  l’entraînent le dimanche matin au Musée du Louvre pour copier les chefs-d’œuvre de peinture et de sculpture dont il gardera la mémoire tout au long de sa carrière ; en témoigne le tableau Amazones (fonds d’atelier) peint quarante ans plus tard et exposé à Bordeaux dans les années 1990 par Septemvir  ; cette œuvre a été choisie pour annoncer la manifestation d’aujourd’hui.

3 -Tableaux Robert Houdusse - N° 03 - photo M.Dubau Avril 2014  - Copie

 

Robert Houdusse a une préférence pour les déesses et les héroïnes : Amphitrite, les Trois Grâces, les Parques, Eurydice, Vénus… et les Amazones, un peuple fabuleux de chasseresses qui refusent le pouvoir de l’homme sinon pour se reproduire ; au Ve siècle av. J.-C., leur présence dans la Guerre de Troie inspire les artistes grecs qui les figurent en guerrières sur les vases, les décors de bouclier, les bas-reliefs (au Parthénon par exemple) et en statues ; elles sont alors classées par type selon leur attitude ; celui auquel se réfère Houdusse en haut de son tableau – le bras droit levé au-dessus de sa tête, laissant passer son bras gauche devant le torse pour dénuder son sein droit blessé – est dit de « Socyclès » ; cette Amazone domine sur son cheval fougueux une scène mystérieuse racontée dans une des versions de L’Iliade 1 : une très belle reine des Amazones, Penthésilée, qui entraîna son peuple à participer à la Guerre de Troie contre les Grecs,au cours d’un affrontement, tue Patrocle, le très cher ami d’Achille ; fou de rage et de douleur,ce dernier, après avoir enterré son ami, la poursuit et à la suite d’un combat, lui transperce le corps et la désarçonne ; au même moment, il tombe amoureux de sa victime et s’unit à elle morte ; il l’enterre ensuite avec tous les honneurs non sans avoir été accusé de nécrophilie par certains de ses compagnons.

 

 

 

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